
La Société Générale s’apprête à choquer l’opinion publique en proposant une augmentation ahurissante de 45% de la rémunération de son directeur général, Slawomir Krupa. Une décision qui propulserait son salaire fixe à 2,4 millions d’euros par an dès 2026, sous prétexte d’une « performance exceptionnelle » du groupe. Cette proposition scandaleuse, émanant du conseil d’administration, sera soumise au vote lors de l’assemblée générale du 27 mai, suscitant déjà l’indignation générale.
Alors que de nombreux ménages peinent à joindre les deux bouts, la banque justifie cette envolée salariale par un prétendu « dépassement de toutes les cibles annoncées » et une « progression du cours de l’action de 183% ». Des chiffres qui masquent mal la déconnexion abyssale entre les dirigeants et la réalité économique. Le document interne, révélé par L’Agefi et Les Échos, met en lumière une culture d’entreprise où les profits de quelques-uns priment sur la décence.
Cette rémunération fixe, déjà colossale, n’est d’ailleurs qu’une partie de l’équation. Slawomir Krupa bénéficie également d’une part variable pouvant atteindre 140% de son salaire fixe. Malgré un redressement de la banque, il est légitime de se demander si cette « performance » ne devrait pas être récompensée par des variables plutôt que par une augmentation démesurée du salaire de base. Le « plan de transformation » du groupe, ponctué de cessions et de plans d’économies, semble surtout avoir servi à enrichir son dirigeant, laissant derrière lui une amère impression de cynisme.
Cette annonce, loin d’être un motif de fierté, soulève de sérieuses questions sur la gouvernance d’entreprise et l’éthique des grandes banques françaises. Une provocation inacceptable à l’heure où les préoccupations sociales et économiques sont plus pressantes que jamais. Le vote du 27 mai sera crucial : les actionnaires oseront-ils s’opposer à cette gabegie financière ?






