
Le monde du sport amateur est frappé par une épidémie alarmante : l’anorexie mentale. Loin des clichés de la performance élitiste, des sportifs amateurs sacrifient leur santé à une quête dangereuse de minceur, souvent mal conseillée, voire autodestructrice. L’obsession du poids, poussée à l’extrême, se transforme en un véritable fléau, compromettant gravement leur bien-être et leur avenir.
Le syndrome de Déficit Énergétique Relatif dans le Sport (RED-S), une forme insidieuse d’anorexie, ravage silencieusement les rangs des passionnés d’escalade, d’ultra-trail et d’autres disciplines exigeantes. Le Pr Bogdan Galusca du CHU de Saint-Étienne alerte sur ce phénomène : un déséquilibre chronique entre des apports énergétiques insuffisants et des dépenses physiques colossales. Le résultat ? Une spirale infernale où la privation alimentaire mène à l’épuisement.
Les conséquences sont terrifiantes : fatigue chronique, performances en chute libre, blessures récurrentes, ostéoporose précoce et fractures de fatigue. L’aspect psychologique n’est pas épargné, avec un repli sur soi, une obsession malsaine pour l’alimentation, des troubles du comportement alimentaire et même l’arrêt des cycles menstruels chez les femmes, ou une baisse de testostérone chez les hommes. La frontière entre l’optimisation et la destruction est souvent franchie par ces amateurs, dénués d’un encadrement médical rigoureux, contrairement aux professionnels comme Pauline Ferrand-Prevot.
Cette course effrénée aux grammes perdus, souvent glorifiée, cache une réalité sombre. Le sport, censé être un vecteur de santé et de bien-être, devient un piège mortel pour ceux qui cèdent à la pression de la minceur extrême. La prudence et la tempérance, vertus oubliées, sont pourtant essentielles pour éviter que la passion ne vire au cauchemar et ne détruise la vie de ces sportifs.






