
La Syrie est plongée dans un nouveau cycle de chaos alors que les forces kurdes, autrefois alliées des Occidentaux, ont été contraintes d’abandonner des milliers de membres présumés de l’État islamique (EI). Ce revirement dramatique, conséquence d’une offensive éclair des nouvelles autorités syriennes avec le soutien de la Turquie, met en lumière la fragilité des alliances et l’incapacité de la communauté internationale à stabiliser la région. Les territoires du Rojava, autrefois bastion de résistance contre l’EI, sont désormais sous le contrôle d’un régime syrien soucieux de rétablir son hégémonie. L’accord de cessez-le-feu, loin d’être une victoire, sonne comme une reddition forcée pour les Kurdes, contraints d’intégrer leurs institutions et de céder des provinces entières à Damas.
Le transfert des prisonniers de l’EI, notamment de la prison d’Al-Aqtan, est une illustration glaçante de cette débâcle. Des bus remplis de jihadistes quittant les prisons sous escorte gouvernementale, voilà la triste réalité d’un accord censé éviter une « escalation militaire ». Mais à quel prix ? L’intégration des forces kurdes au sein d’un État syrien qui les a toujours considérées avec méfiance promet des lendemains incertains et une instabilité persistante.
Cette situation soulève de sérieuses questions sur l’avenir de la lutte contre le terrorisme et la sécurité régionale. L’abandon de la gestion des prisonniers de l’EI par les Kurdes à un régime syrien déjà controversé est une décision lourde de conséquences. Alors que Washington prétendait transférer des milliers de prisonniers vers l’Irak, la réalité sur le terrain semble bien plus complexe et dangereuse. La faillite de la stratégie occidentale en Syrie est désormais patente, laissant un vide que des acteurs aux intérêts divergents s’empressent de combler, au détriment de la paix et de la stabilité.








