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La France est confrontée à une dépendance numérique croissante des enfants. Malgré les alertes et les lois, l'âge moyen du premier smartphone chute, exposant les jeunes à des risques majeurs pour leur santé mentale.

La rentrée scolaire 2025-2026 s’annonce sous le signe d’un échec cuisant pour l’Éducation nationale face à l’omniprésence des écrans. Malgré une loi interdisant les mobiles au collège depuis 2018, la ministre Élisabeth Borne a dû admettre l’incapacité du système à endiguer le phénomène, relançant piteusement le dispositif « portable sur pause ». Une piètre tentative de colmater les brèches d’un problème de santé publique et mentale dont les ravages sont désormais incontestables.

Le constat est alarmant : les enfants français reçoivent leur premier smartphone dès 11 ans, un âge jugé beaucoup trop précoce par la plupart des experts. Une étude récente confirme ce naufrage, montrant un âge moyen de 11 ans et quatre mois, tandis que d’autres rapports pointaient déjà une moyenne inférieure à dix ans. Cette précocité désastreuse expose nos jeunes à des risques accrus : pensées suicidaires, agressivité, troubles du sommeil et estime de soi réduite, selon une étude mondiale impliquant 100 000 jeunes. Le rapport « Enfants et écrans, à la recherche du temps perdu » de 2024, commandité par le président Macron, sonnait déjà l’alarme en recommandant une interdiction des smartphones avant 11 ans et des réseaux sociaux avant 15 ans, mais ces préconisations semblent tomber dans l’oreille d’un sourd.

La psychologue Lénaïg Steffens insiste : les smartphones devraient être bannis avant l’entrée au lycée. Un outil « extraordinaire » qui se mue trop souvent en une prison numérique, enfermant les enfants sur eux-mêmes. Face à l’impuissance des parents, souvent motivée par une « réassurance parentale » illusoire, le marché propose des téléphones sans accès aux réseaux sociaux. Une fausse bonne idée selon Thomas Rohmer, directeur de l’Observatoire de la parentalité et du numérique, qui y voit un « manque de compréhension » des besoins de l’enfant. Il préconise un encadrement éducatif, reconnaissant la nécessité pour l’enfant de maintenir un lien social, même si ce lien est souvent toxique.

Au-delà de l’âge, l’addiction aux écrans met en lumière des tensions familiales sous-jacentes. Le portable n’est pas la cause des conflits, mais un catalyseur qui les exacerbe. La solution ? Redynamiser une vie familiale en déclin et proposer des activités alternatives, un défi de taille pour des parents souvent dépassés. Il est temps de rappeler que le désir d’un enfant ne doit pas dicter les décisions parentales, surtout quand il s’agit de leur bien-être et de leur santé future, gravement menacés par cette invasion numérique.