
L’US Open a livré son lot de drames et de victoires en demi-teinte pour le contingent français. Si Arthur Rinderknech, à 30 ans, arrache enfin son premier huitième de finale en Grand Chelem face à son compatriote Benjamin Bonzi (4-6, 6-3, 6-3, 6-2), la célébration est gâchée par l’ironie du sort : il affrontera l’implacable Carlos Alcaraz, quasiment synonyme d’élimination certaine. Une qualification qui sonne plus comme un sursis avant la chute inévitable.
Le parcours de Rinderknech, qui se vante de « toujours perdre un set », illustre une certaine forme de fatalisme face à l’adversité. Son succès contre Bonzi, qui espérait lui aussi percer, souligne la dure réalité d’une compétition où l’un doit sacrifier les espoirs de l’autre. Leurs félicitations mutuelles, bien que sportives, ne peuvent masquer l’amertume d’une opportunité manquée pour Bonzi, vainqueur de matchs « dingues » mais finalement stoppé par un ami.
Pendant ce temps, Adrian Mannarino, à 37 ans, accède aux huitièmes de finale de l’US Open dans des circonstances tout aussi peu glorieuses : un abandon de Ben Shelton, blessé à l’épaule gauche. Le jeune Américain, favori, en larmes, a dû jeter l’éponge alors qu’il menait, laissant à Mannarino une victoire au goût amer. « Il aurait probablement gagné le match s’il ne s’était pas blessé », concède le Français, une admission qui diminue l’éclat de sa qualification après cinq échecs précédents au même stade.
Ces résultats, entre victoires arrachées et qualifications par forfait, dressent un tableau mitigé pour le tennis français. Alors que l’on attend un exploit d’Ugo Blanchet face à Tomas Machac, l’ensemble des performances souligne les difficultés persistantes des joueurs français à s’imposer durablement au plus haut niveau, laissant un sentiment de potentiel inexploité et de moments de gloire trop souvent entachés par la malchance ou la supériorité d’autrui.