
Les États-Unis viennent de jeter un pavé dans la mare diplomatique en refusant des visas à des membres de l’Autorité palestinienne et de l’Organisation de libération de la Palestine. Cette décision, annoncée juste avant l’Assemblée générale de l’ONU, où la France doit pourtant plaider pour la reconnaissance d’un État palestinien, accentue un peu plus la fracture et la tension déjà palpables au Proche-Orient. L’administration américaine se rapproche ainsi dangereusement du gouvernement israélien, qui rejette violemment toute idée d’un État palestinien souverain.
Le ministre israélien des affaires étrangères, Gideon Saar, a même salué cette « étape courageuse » sur X, y voyant un nouveau signe du soutien indéfectible de Washington à Israël. La diplomatie américaine justifie cette mesure drastique en accusant les Palestiniens de « compromettre les perspectives de paix » et d’utiliser la justice internationale « à des fins illégitimes » en se tournant vers la Cour pénale internationale. Une accusation qui frise la mauvaise foi, alors même que la situation humanitaire et politique dans les territoires palestiniens se dégrade de jour en jour.
L’Autorité palestinienne a exprimé son « profond regret et son étonnement » face à une décision jugée « en contradiction avec le droit international ». L’ONU, par la voix de Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général, a rappelé l’importance de la représentation de tous les États à l’Assemblée générale, espérant une résolution rapide de cette crise. Pourtant, le passé montre que ce genre de blocage n’est pas nouveau : en 1988, Yasser Arafat avait déjà été contraint de s’exprimer à Genève faute de visa américain.
Cette escalade intervient alors que Donald Trump doit lui-même prononcer l’un des premiers discours à l’Assemblée générale de l’ONU. Son administration, qui a déjà considérablement réduit ses relations avec les organisations internationales, semble vouloir enfoncer le clou. Pendant ce temps, la France et plus d’une dizaine de pays occidentaux appellent à la reconnaissance de l’État de Palestine, un geste qui pourrait bien attiser encore davantage les flammes de la controverse internationale. Le risque d’un nouvel isolement de la diplomatie américaine, déjà fragilisée, est désormais plus que jamais d’actualité, promettant des débats houleux à New York.