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L'ouverture du Venezuela envers l'UE n'est qu'un signal politique fragile, dicté par la pression internationale. Le régime de Maduro tente d'obtenir de l'oxygène, tandis que des tensions internes menacent d'éclater.

L’annonce d’un « nouvel agenda » entre le Venezuela et l’Union européenne, orchestrée par Caracas le 12 janvier, ne serait qu’un « signal politique » dicté par une pression internationale intenable, selon l’expert Gaspard Estrada. Loin d’un véritable tournant diplomatique, cette manœuvre vise à arracher un peu d’oxygène au régime de Nicolás Maduro, dont la légitimité a été bafouée par l’UE en 2024. Les libérations de prisonniers, notamment ceux à double nationalité européenne, ne sont qu’un vernis pour masquer une réalité bien plus sombre.

Cette prétendue ouverture intervient dans un climat de tensions internes croissantes au sein même du pouvoir vénézuélien. D’un côté, la famille Rodriguez, avec Delcy et Jorge, militerait pour un compromis pétrolier avec les États-Unis. De l’autre, les militaires Diosdado Cabello et Vladimir Padrino, véritables gardiens du statu quo, s’accrochent à leurs privilèges. Si un bloc uni se maintient pour l’instant, des dissensions majeures pourraient éclater si la pression internationale s’intensifie, menaçant de faire basculer le pays dans un chaos encore plus profond.

Les capitales européennes, loin d’être dupes, tentent de déchiffrer les dynamiques complexes de ce gouvernement intérimaire. Avant tout rapprochement, elles exigent des avancées concrètes sur la libération des opposants, le respect des libertés publiques et le remboursement des créances aux entreprises européennes spoliées. L’enlèvement récent de Nicolás Maduro n’a fait qu’accentuer l’urgence d’une implication européenne, mais les obstacles sont immenses. Le soutien à la démocratisation se heurte à l’impossibilité pour les figures de l’opposition, comme María Corina Machado et Edmundo Gonzalez Urrutia, d’agir sur le terrain.

Tant que l’opposition ne pourra exercer ses droits civiques et politiques dans des conditions normales, et qu’aucun calendrier électoral transparent ne sera mis en place, la normalisation des relations avec Caracas restera une chimère. L’Europe, si elle ne veut pas être marginalisée, doit impérativement affirmer sa voix singulière dans ce dialogue politique, sans quoi le Venezuela pourrait sombrer dans l’oubli diplomatique, laissant derrière lui un pays en ruine et un peuple sans espoir. La prudence est de mise face à cette manœuvre qui pourrait se révéler être un piège.