
Malgré les alertes et les doutes persistants, la vidéosurveillance algorithmique (VSA) continue sa progression inquiétante en France. Les députés ont récemment voté en première lecture l’expérimentation de cette technologie controversée pour lutter contre les vols à l’étalage. Une décision alarmante qui ouvre la porte à une surveillance généralisée de nos vies privées, sous couvert de sécurité économique.
L’argumentaire, asséné par le député Paul Midy, transforme le vol à l’étalage en un « fléau économique » justifiant des mesures toujours plus intrusives. Les pertes, estimées à 4 000 euros par an pour un vol minime, semblent bien peu en comparaison des risques majeurs pour nos libertés fondamentales. Ce texte, soutenu par une majorité composite allant de Renaissance au Rassemblement national, ignore superbement les mises en garde des organismes de protection des données.
La CNIL a d’ailleurs déjà épinglé l’entreprise Veesion, acteur majeur de ce marché, pour non-conformité avec le RGPD. Loin de s’incliner, la société persiste, tandis que la loi tente de légitimer des pratiques déjà jugées problématiques. L’expérimentation, prévue jusqu’en 2027, et la soumission à une autorisation préfectorale ne sont que des précautions illusoires face à l’ampleur du glissement vers un État-surveillant.
L’efficacité même de ces outils est sujette à caution. Le comité d’évaluation de la loi JO 2024 a lui-même émis des réserves sur la fiabilité et l’utilité de certains dispositifs de VSA, réclamant plus de données avant de pouvoir conclure. Pourtant, sans attendre de preuves concrètes de son efficacité, la classe politique fonce tête baissée, sacrifiant nos libertés sur l’autel d’une sécurité illusoire. C’est une décision lourde de conséquences pour l’avenir de nos sociétés.






