
Vienne, capitale jadis flamboyante de la culture musicale, est sur le point de commettre un acte de vandalisme culturel inouï. Les demeures de génies tels que Franz Schubert, Johann Strauss et Joseph Haydn seront bientôt inaccessibles, victimes collatérales de mesures d’économie drastiques. Une décision qui sonne comme un désaveu cinglant de l’héritage artistique de la ville.
Le directeur du Wien Museum, Matti Bunzl, justifie cette fermeture temporaire, prévue pour durer deux ans, par une « réalité » budgétaire implacable. Le financement alloué par la ville devrait fondre, passant de 29,7 millions d’euros en 2025 à un misérable 28,4 millions en 2026, avec une perspective encore plus sombre pour 2027. C’est une saignée inacceptable pour des lieux qui devraient être des phares de la culture et non des variables d’ajustement budgétaire.
L’appartement de Schubert est déjà clos, un triste prélude à la fermeture imminente des maisons de Haydn et de Strauss dès le 2 mars. Même la maison natale de Schubert, censée être réaménagée pour un glorieux anniversaire en 2028, subit un sort similaire, laissant planer le doute sur la capacité de la ville à honorer ses promesses. Ce sont des opportunités manquées et des affronts à la mémoire de ces compositeurs.
Mais le naufrage ne s’arrête pas là. De nombreux autres musées viennois, comme le Musée du Prater et la Villa Hermes, verront leurs horaires réduits. Une politique de rationnement culturel qui interroge sur les priorités d’une municipalité qui semble sacrifier son âme pour quelques économies dérisoires. Le maire social-démocrate et sa coalition libérale s’engagent sur une pente glissante, risquant de ternir durablement l’image de Vienne en tant que cité de la musique.






