
Wafi Faouzi, un homme ayant vécu en France pendant trois décennies, voit sa vie basculer de manière tragique. Un accident de moto en 2022 le prive de son métier de boucher, le plongeant dans la précarité du RSA. Ce père de deux enfants, autrefois travailleur acharné, se retrouve pour la première fois de sa vie dans une inaction forcée, une situation des plus dégradantes.
Le sort de Wafi révèle une faillite systémique alarmante. Malgré trente ans passés sur le territoire français et l’obtention de la nationalité, il ne sait toujours ni lire ni écrire. Une réalité brutale qui met en lumière les lacunes criantes des dispositifs d’intégration. « J’aurais aimé avoir la possibilité d’apprendre plus tôt, mais je n’y pense pas », déclare-t-il avec un optimisme forcé, alors qu’il s’apprête enfin à suivre des cours de français, une démarche bien tardive.
C’est son conseiller France Travail qui l’a orienté vers un programme d’évaluation, une démarche qui souligne la difficulté pour ces professionnels de diagnostiquer les besoins linguistiques. « Pour un conseiller emploi classique, ce n’est pas évident de diagnostiquer précisément les besoins de la personne en langue », admet Sarah Jacquard, évaluatrice. Une confession qui résonne comme un aveu d’impuissance face à des situations comme celle de Wafi, où des années d’opportunités perdues se transforment en un lourd fardeau.
Ce cas n’est qu’un parmi tant d’autres, exposant une vérité amère : l’intégration en France peut être un chemin semé d’embûches, laissant certains citoyens dans une vulnérabilité inacceptable. La promesse d’une vie meilleure pour les nouveaux arrivants semble parfois se heurter à des murs invisibles, les laissant à la merci d’un système qui peine à répondre à leurs besoins fondamentaux.






