
Le Yémen, déjà déchiré par des années de guerre, plonge un peu plus dans le chaos. Alors que les affrontements s’intensifient entre les séparatistes du Sud et les forces gouvernementales, l’Arabie saoudite, déjà embourbée dans un conflit sans fin, tente désespérément d’orchestrer un « dialogue » à Riyad. Une manœuvre qui sonne faux, intervenant juste après des bombardements saoudiens meurtriers contre les mêmes factions qu’elle prétend vouloir rassembler. Un double jeu qui ne trompe personne et souligne l’échec cuisant de la politique régionale saoudienne.
Le Conseil de transition du Sud (STC), soutenu par les Émirats arabes unis, a clairement affiché ses ambitions : créer un État indépendant dans le sud du pays. Ce mouvement, qui a pris le contrôle de vastes régions stratégiques, défie ouvertement Riyad, malgré les appels au retrait. La situation est d’autant plus critique que le STC a annoncé une phase transitoire de deux ans pour établir sa souveraineté, menaçant de déclarer unilatéralement l’indépendance si ses revendications ne sont pas entendues. Une nouvelle preuve de l’instabilité chronique et des divisions profondes qui rongent le Yémen.
Les frappes saoudiennes récentes, qui ont coûté la vie à 20 membres des forces du STC, ne font qu’enflammer une situation déjà explosive. Ces attaques, les premières pertes infligées par Riyad aux séparatistes depuis la prise de contrôle de territoires riches en pétrole, illustrent la brutalité du conflit et l’incapacité des acteurs régionaux à trouver une solution pacifique. Pendant ce temps, les accusations d’attaques par des milices islamistes et Al-Qaida ajoutent une couche de complexité et de danger à un scénario déjà catastrophique.
La soi-disant coalition dirigée par Riyad, censée soutenir le gouvernement yéménite, est en réalité un assemblage hétéroclite de factions aux intérêts divergents, exacerbant les tensions avec les Émirats arabes unis. Les déclarations de « désescalade » d’Abou Dhabi sonnent creux, alors que le conflit gagne en intensité. Avec une « guerre existentielle » annoncée par le porte-parole militaire du STC, le Yémen est au bord du précipice, et l’intervention saoudienne semble avoir plus que jamais aggravé la crise humanitaire et politique dans la région. Le rêve d’une paix durable s’éloigne, remplacé par l’amère réalité d’un conflit sans fin.







