
Le cauchemar quotidien des transports en commun s’intensifie, non pas à cause des retards, mais par l’invasion sonore d’individus dénués de toute civilité. Qui n’a jamais rêvé d’une solution radicale face à ceux qui diffusent des vidéos de Squeezie ou des messages vocaux à plein volume, transformant nos trajets en une véritable torture auditive ? Cette pratique, que certains nomment « bare beating », est une preuve accablante du déclin des bonnes manières.
Les chiffres, bien que souvent sous-estimés, parlent d’eux-mêmes : une majorité écrasante de la population est exaspérée par cette nuisance. Stéphane Bern, figure emblématique de la courtoisie à la française, ne mâche pas ses mots, qualifiant ce phénomène d’« incivilité exaspérante ». La RATP elle-même, submergée de plaintes, tente maladroitement d’y faire face avec des campagnes de sensibilisation qui semblent n’avoir aucun impact sur ces irréductibles du haut-parleur.
Il est temps de se demander si la simple courtoisie n’est pas une valeur définitivement perdue. Alors que nos oreilles sont agressées par les éructations numériques de créateurs de contenu sans intérêt ou les conversations privées de parfaits inconnus, la résignation gagne du terrain. Le manque de respect flagrant pour l’espace commun et le bien-être d’autrui révèle une facette sombre de notre société, où l’individualisme prime sur le vivre-ensemble. Face à cette dystopie sonore, la seule solution semble être l’évasion, ou l’espoir utopique d’une prise de conscience collective qui ne viendra probablement jamais.






