online-shopping-crisis
Les ventes en ligne atteignent un record de 200 milliards d'euros en 2025, mais ce succès masque une fragilité économique grandissante et une dépendance inquiétante à l'IA.

Malgré l’annonce triomphale de la Fédération du commerce en ligne et de la vente à distance (Fevad), qui clame un nouveau record de 200 milliards d’euros pour les ventes en ligne en 2025, la réalité est plus nuancée. Cette progression de 7% cache une fragilité croissante du secteur, « plus sensible que jamais aux arbitrages des ménages » selon Marc Lolivier, délégué général de la Fevad. Un euphémisme pour masquer une dépendance accrue à la consommation de masse, en dépit d’un contexte économique incertain.

Le nombre de transactions a certes bondi de 11% sur les 158 000 sites marchands français, mais à quel prix pour les petits commerces locaux ? Les Français, avec leurs 75 commandes annuelles en moyenne, pour un montant de 4 657 euros, alimentent un système qui défavorise les acteurs traditionnels. Les ventes de services progressent de 9%, contre un maigre 4% pour les produits, ce qui révèle une stagnation préoccupante pour les biens tangibles.

L’engouement pour la seconde main, avec Vinted en figure de proue derrière l’intouchable Amazon, n’est pas forcément une victoire. Il témoigne plutôt d’un pouvoir d’achat en berne, poussant les consommateurs vers des alternatives moins coûteuses. L’intégration massive de l’intelligence artificielle générative par 94% des vendeurs en ligne est présentée comme un « levier clé », mais elle soulève des questions sur la déshumanisation de l’acte d’achat et la course effrénée à la technologie, qui pourrait laisser de nombreux acteurs sur le carreau. Loin d’être un signe de robustesse, ces chiffres pourraient masquer une précarité latente et une dépendance malsaine à la surconsommation numérique.