
La France est confrontée à une crise sanitaire sans précédent, et les maires sont en première ligne, souvent démunis face à la désertification médicale qui gangrène le pays. Près d’un quart de la population française réside désormais dans une zone « sous-dense » en médecins, et plus de 6 millions de citoyens n’ont plus de médecin traitant. La situation, loin de s’améliorer, s’aggrave inexorablement, transformant ce qui était jadis un problème conjoncturel en une catastrophe structurelle.
Malgré les cris d’alarme et les innombrables appels à l’aide, l’État semble incapable de fournir des solutions durables. Les maires, pourtant les mieux placés pour comprendre les besoins de leurs administrés, dénoncent une gestion centralisée et souvent déconnectée des réalités locales. L’Association des Maires de France (AMF) a maintes fois exprimé son indignation face au manque de consultation et à la « recentralisation sans précédent » des pouvoirs publics en période de crise.
Face à ce **désengagement apparent de l’État**, les élus locaux sont contraints de bricoler des solutions, souvent à grands frais, pour tenter d’attirer des professionnels de santé. Banderoles aux entrées des villes, maisons de santé pluriprofessionnelles — parfois des « coquilles vides » —, aides à l’installation, exonérations de loyer, bourses d’études : les initiatives se multiplient, mais leur efficacité reste limitée face à l’ampleur du problème.
Le manque de médecins est aggravé par une démographie médicale alarmante : un tiers des généralistes a plus de 60 ans, et les départs à la retraite excèdent les nouvelles installations dans de nombreux territoires. La suppression du numerus clausus en 2020 ne produira des effets concrets que dans plus d’une décennie, laissant des millions de Français dans l’incertitude la plus totale quant à leur accès aux soins. La colère monte, et le sentiment d’abandon est palpable, les maires étant souvent le dernier recours d’une population délaissée.






