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Le piratage massif du fisc soulève de graves doutes sur la réforme de la facturation électronique. Des voix politiques réclament une suspension face aux risques accrus de cyberattaques.

Alors que la France se prépare au « big bang » de la facturation électronique le 1er septembre 2026, la confiance des entreprises est lourdement ébranlée. Le piratage massif de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), révélé fin juin et ayant exposé les données de près de 678 000 contribuables, dont 250 000 entreprises, met en lumière une faille de sécurité numérique alarmante au sein de l’État. Cette vulnérabilité suscite de vives inquiétudes quant à la capacité de l’administration à protéger des informations encore plus sensibles avec la nouvelle réforme.

Plusieurs personnalités politiques, dont David Lisnard et Sarah Knafo, réclament la suspension immédiate de cette obligation. Lisnard, candidat à la présidentielle 2027, dénonce une administration « non fiable » et incapable d’assumer les devoirs de sécurité qu’elle impose aux entreprises. Il pointe du doigt le risque d’offrir à l’État une « vision complète du carnet de commandes, des marges et de la dépendance » des sociétés, sans garantie de sécurité adéquate. Sarah Knafo, députée européenne, interpelle le gouvernement, affirmant qu’un « État incapable de protéger nos données […] n’est pas légitime pour centraliser encore davantage nos informations ».

Malgré ces avertissements pressants, la directrice générale de la DGFiP, Amélie Verdier, maintient que l’administration est « techniquement prête » et qu’il n’y a « aucun lien » entre le vol de données et la réforme. Pourtant, elle admet l’absence de « risque zéro ». Le gouvernement, quant à lui, reste silencieux face à l’ampleur de la polémique. Les entreprises, qui devront toutes être en mesure de recevoir des factures électroniques via des plateformes agréées dès le 1er septembre 2026, s’interrogent légitimement sur les dangers potentiels de cette centralisation forcée des données. Les sanctions en cas de non-conformité, rehaussées par la loi de finances pour 2026, ajoutent une pression financière considérable, allant jusqu’à 500 € par infraction, plafonnée à 15 000 € par an, et pouvant atteindre 750 000 € en cas de récidive.

Ce déploiement précipité, dans un contexte de fragilité numérique de l’État, s’apparente à une prise de risque inconsidérée, laissant planer l’ombre de nouvelles cyberattaques et d’une exposition accrue des données stratégiques des entreprises françaises.