
Le Cachemire pakistanais est le théâtre d’une tragédie démocratique où des élections législatives, présentées comme une farce, plongent la région dans une violence inouïe. Alors que les Cachemiris sont appelés aux urnes jusqu’au 10 août, le résultat semble déjà joué d’avance. La Ligue musulmane du Pakistan (PML-N), dirigée par le Premier ministre Shehbaz Sharif, a déjà honteusement raflé la majorité lors des premières phases, s’assurant au moins 24 des 45 sièges du Parlement local. La dernière phase n’est plus qu’une formalité macabre, une victoire à la Pyrrhus face à une population exaspérée et réprimée.
Depuis juin, des manifestations massives secouent la région. Le Comité conjoint d’action populaire (Jaac), une organisation civile, réclame une réforme électorale pour une représentation plus juste. Leur principale revendication : modifier le système qui permet aux Cachemiris non-résidents d’élire 26 % des députés, alors qu’ils ne représentent que 11 % du corps électoral et vivent hors de la province. Cette aberration politique alimente la colère et le sentiment d’injustice.
La réponse des forces de sécurité est brutale et disproportionnée. Les manifestations pacifiques sont confrontées à des tirs à balle réelle, des matraquages incessants et des coupures d’internet généralisées, paralysant la vie quotidienne et toute communication. Des dizaines de personnes ont trouvé la mort depuis le début de l’été, et le Jaac affirme que les forces de sécurité ont tué environ 44 manifestants depuis le 27 juillet, bien que le gouvernement régional conteste ce bilan, évoquant la mort de sept membres des forces de l’ordre.
Le Premier ministre de l’Azad Cachemire a même qualifié la marche du Jaac de « plan de conspiration » visant à « provoquer une grande instabilité », accusant les manifestants d’être armés et de vouloir cibler les forces de sécurité. Ce discours alarmiste ne fait qu’attiser les tensions, transformant ce qui devrait être un acte démocratique en un bain de sang et une véritable mascarade électorale. La situation ne fait que confirmer les sombres prévisions d’un conflit larvé, où la voix du peuple est étouffée par la répression et le cynisme politique.






