
Six ans après le putsch, le Mali s’enfonce dans une incertitude abyssale. La junte militaire, sous la houlette du colonel Assimi Goïta, resserre impitoyablement son emprise, étouffant toute voix discordante. Le cas de Mohamed Youssouf Bathily, dit « Ras Bath », condamné à une peine de prison démesurée pour de simples propos sur la hausse des prix, en est la preuve éclatante. L’influenceuse Rokia Doumbia subit le même sort, punie pour « atteinte au crédit de l’État » et « association de malfaiteurs ». Des condamnations qui sonnent comme un avertissement glaçant : toute critique est désormais proscrite.
Pendant que la junte consolide son pouvoir autoritaire à Bamako, l’insécurité, elle, ne cesse de s’aggraver dans un pays livré aux violences des djihadistes et aux agissements opaques de l’Africa Corps. La population, qui espérait un renouveau après le coup d’État du 18 août 2020, ne voit qu’une détérioration alarmante de sa situation. La corruption et l’insécurité persistent, voire s’intensifient, avec en prime une influence russe de plus en plus pesante et controversée. Le Mali semble glisser irrémédiablement vers une dictature sans fin, où la liberté d’expression est bafouée et l’espoir d’un avenir meilleur s’amenuise chaque jour un peu plus.
La circulation en dehors de la capitale est devenue un véritable défi, les transports essentiels nécessitant des escortes armées, signe d’un État en déliquescence. Les promesses de stabilité et de progrès se sont évaporées, remplacées par une chape de plomb qui pèse lourdement sur l’ensemble de la nation malienne. Le pays est au bord du gouffre, et l’optimisme n’a plus sa place face à une telle descente aux enfers.






