
La Grèce s’enfonce dans la controverse alors que six membres présumés du groupe anarchiste Rouvikonas sont désormais activement recherchés par la police. Leur crime présumé : l’organisation d’une « patrouille antisioniste » à Thessalonique fin juin, une action qui, selon les autorités, relève de « délits à caractère raciste ».
Ce collectif, né des cendres de la crise économique grecque et des mouvements anti-austérité de 2013-2014, ne cesse de défier l’État. Mais cette fois, l’affaire prend une tournure plus grave. Les six individus, âgés de 32 à 46 ans, dont une femme, font l’objet d’une procédure pénale, transformant leur activisme en une potentielle crise judiciaire majeure.
Rouvikonas avait clairement affiché ses motivations sur les réseaux sociaux, dénonçant les investissements israéliens en Grèce et affichant un soutien bruyant au peuple palestinien. Le groupe affirme que les fonds israéliens accaparent des terres, transformant les habitants en « migrants sur leur propre terre », une allégation qui alimente les tensions déjà vives.
Le Conseil central israélite de Grèce n’a pas tardé à réagir, alertant sur un « nouveau climat de judéophobie » qui menacerait non seulement les Juifs grecs, mais la stabilité de la nation entière. Cette rhétorique enflamme un débat déjà houleux, risquant d’enflammer les tensions sociales et politiques dans un pays habitué aux crises.
Historiquement proche des pays arabes, la Grèce a pourtant resserré ses liens avec Israël depuis 2010, notamment dans les domaines de la sécurité et de la défense. Une volte-face qui irrite certains et dont cette « patrouille antisioniste » est une manifestation violente. Les actions de Rouvikonas, connues pour leurs jets de peinture et leurs intrusions, soulignent une fracture profonde au sein de la société grecque, et la répression policière pourrait bien aggraver la situation, au lieu de la calmer.






