
La guerre au Moyen-Orient déclenche un véritable carnage sur les marchés des métaux précieux. L’or et l’argent, autrefois considérés comme des valeurs refuges, sont désormais massivement délaissés par des investisseurs paniqués, préférant se ruer vers l’énergie et le dollar, jugés plus « stratégiques » en ces temps incertains. Une débandade qui révèle la fragilité de nos économies face aux conflits.
Ce mardi, la situation est dramatique : l’or a chuté de près de 4% pour atteindre 5113,98 dollars l’once, après avoir déjà subi des pertes massives. Mais le sort de l’argent est encore plus funeste, avec une dégringolade de plus de 10%, s’établissant à un misérable 80,3974 dollars l’once, prolongeant un repli déjà alarmant de 12%. Kathleen Brooks, analyste chez XTB, confirme cette liquidation chaotique : «Les investisseurs vendent sans discernement, y compris des valeurs refuges comme l’or», se précipitant sur le dollar et l’énergie.
Cette crise est exacerbée par la flambée des prix du pétrole et du gaz, directement imputable au conflit. Les métaux précieux sont désormais traités comme de simples actions, emportés par la même vague de ventes. Pire encore, les marchés redoutent une inflation galopante aux États-Unis, forçant la Réserve fédérale à revoir ses anticipations de baisse des taux d’intérêt. Une aubaine pour le billet vert, un cauchemar pour l’or.
Les conséquences de cette guerre ne se limitent pas aux métaux. Les devises européennes sont également malmenées, prises en étau par les craintes d’un nouveau choc énergétique. La livre britannique et l’euro s’affaissent face à un dollar triomphant, atteignant des plus bas historiques. Même le franc suisse, traditionnellement un havre de sécurité, subit les contrecoups de cette instabilité mondiale. C’est un sombre présage pour l’économie du continent, prise au piège des conflits lointains et des spéculations effrénées.






