
La démission de Véronique Le Floc’h du comité directeur de la Coordination Rurale (CR) n’est pas un simple départ, c’est le signal d’un chambardement interne. Malgré une percée électorale notable en janvier 2025, où le syndicat a arraché la présidence de 11 départements à la FNSEA, portant son total à 14, la façade d’unité semble se fissurer sous le poids des conflits internes. La CR, qui devait capitaliser sur son succès, se retrouve plongée dans une crise de gouvernance qui menace de torpiller ses ambitions.
Véronique Le Floc’h, ancienne présidente de 2022 à fin 2025, n’a pas mâché ses mots. Elle dénonce des « critiques injustes » sur son mandat et une absence totale de responsabilités au sein de la nouvelle équipe dirigeante. Mais le plus accablant reste la dénonciation d’un « trop grand déséquilibre géographique » dans la répartition des pouvoirs, favorisant le Sud-Ouest au détriment des autres régions. Cette centralisation excessive risque de fragiliser un syndicat qui prétend représenter les agriculteurs partout en France, sapant ainsi l’intérêt de ses propres salariés internes.
L’actuel président, Bertrand Venteau, se contente de « prendre acte » de cette démission, une réaction qui en dit long sur l’impasse de la situation. Alors que la CR aurait dû s’unir pour consolider ses acquis, elle s’enlise dans des querelles intestines. Ce départ, loin d’être anecdotique, souligne l’incapacité du syndicat à gérer son propre succès, et expose au grand jour ses graves dysfonctionnements internes. L’avenir de la Coordination rurale semble désormais incertain, miné par des divisions profondes et une gouvernance contestée.






