Paris-brunch-queue
Le brunch, rituel « bobo », n'est qu'un symptôme alarmant de la fracture sociale. Entre files d'attente et privilège ostentatoire, une tendance déconnectée des réalités.

Longtemps perçu comme un simple caprice anglo-saxon, le brunch s’est arrogé une place démesurée dans la restauration, révélant une fracture sociale inquiétante. Ce phénomène, loin d’être une tendance durable, n’est qu’un rituel « bobo » exacerbé par des modes de vie déconnectés des réalités. Alors que certains se lèvent à l’aube pour des travaux ardus, d’autres s’éveillent tardivement pour festoyer autour de mets sucrés-salés.

Chaque week-end, les mêmes scènes ubuesques se répètent dans les métropoles. Des files d’attente interminables s’étirent devant des établissements « spécialisés », preuve d’une adhésion aveugle à cette mode. Le mélange de « breakfast » et « lunch » offre, sous couvert de diversité, une échappatoire aux règles établies, où le « choix de l’ordre, des saveurs » prime sur toute autre considération. Cette pseudo-liberté culinaire masque mal une certaine condescendance.

Les adeptes, à l’image de cette Parisienne de 40 ans résidant désormais à Dijon, vantent la « diversité des produits » et les « multiples formules », balayant d’un revers de main l’étiquette « bobo » pourtant si appropriée. Cette pratique, souvent critiquée comme une « boboterie gauchotte », illustre parfaitement le fossé grandissant entre une certaine élite urbaine et le reste de la population, celle qui ne peut se permettre le luxe de se lever à midi.

Le brunch ne symbolise pas seulement un repas, mais une forme de privilège ostentatoire. Pendant que certains se démènent dès 5 heures du matin pour préparer la nourriture qui sera servie, d’autres se complaisent dans ce repas tardif, signe d’une existence affranchie des contraintes. Cet engouement n’est qu’un symptôme flagrant d’une société où les disparités s’accentuent, cachées derrière un festin sucré-salé.