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Quatre méthaniers ont dérouté vers l'Asie, laissant l'Europe vulnérable à une pénurie de gaz. Le conflit au Moyen-Orient bloque les livraisons, menaçant l'approvisionnement européen.

La guerre mondiale du gaz a éclaté, et l’Europe se retrouve en première ligne, confrontée à une situation des plus précaires. Depuis mercredi, au moins quatre méthaniers, ces géants des mers cruciaux pour l’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL), ont brusquement modifié leur cap. Initialement destinés à la France, la Belgique ou l’Espagne, ces navires, partis d’Afrique et des États-Unis, ont subitement viré de bord pour se diriger vers l’Asie, révèlent les données alarmantes de Kpler. C’est un signe clair que l’Europe est en train de perdre la bataille des approvisionnements.

Le commerce mondial du gaz est gravement désorganisé par l’escalade des tensions au Moyen-Orient. Le détroit d’Ormuz, artère vitale par où transite habituellement 20 % du GNL mondial, est désormais un axe mortifère, sans aucune cargaison en transit. Pire encore, la plus grande usine de GNL au monde, située au Qatar, est à l’arrêt depuis lundi, victime d’une attaque de drone iranienne. Un coup dur qui pèsera lourdement sur les marchés.

Même si le conflit venait à cesser immédiatement, le retour à une normalité des livraisons prendrait des « semaines, voire des mois », une perspective des plus sombres, selon le ministre de l’énergie de l’émirat gazier. Ce dernier a d’ailleurs lancé une mise en garde glaçante à l’Europe : bien qu’elle ne soit pas la principale cliente de la région, elle doit se préparer à un sérieux contrecoup. Les acheteurs asiatiques, prêts à surenchérir sans limite pour le gaz disponible, risquent de laisser l’Europe sur le carreau, précipitant le continent dans une crise énergétique sans précédent.