
Après des années 2023, 2024 et surtout 2025 marquées par une ascension fulgurante, l’once d’or voit son éclat terni en ce début d’année 2026. L’euphorie passée, où le métal jaune affichait des performances insolentes, semble désormais bien loin. La réalité brutale s’est manifestée le 30 janvier par une correction spectaculaire qui a ébranlé la confiance des investisseurs.
Le coup de massue est venu avec l’annonce de la candidature de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale américaine. Sa volonté affichée de revaloriser le dollar a directement impacté l’or, traditionnellement refuge en période de faiblesse de la monnaie américaine. En un instant, le précieux métal a dégringolé de 17 %, passant de près de 5 600 dollars à un inquiétant 4 660 dollars en quelques jours. Cette chute brutale remet en question la solidité de cet actif.
L’or, jadis symbole de stabilité, souffre désormais d’une financiarisation excessive. L’émergence des fonds indiciels (ETF) et autres produits financiers, bien que permettant un accès facilité à l’investissement, a transformé l’or en un instrument de spéculation volatile. Des géants comme Amundi ou BlackRock commercialisent ces fonds, certains assortis d’effets de levier démultipliant les risques. Christopher Dembik, de Pictet AM, souligne que l’or, non volatil par nature, est devenu extrêmement vulnérable aux mouvements spéculatifs, notamment la vente massive de parts d’ETF par des fonds avides de profits rapides, amplifiant ainsi cette chute inquiétante.








