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Claude Guéant, 81 ans, ex-secrétaire général de l’Élysée, est jugé incapable de comparaître à son procès en appel dans l’affaire du financement libyen, repoussant son jugement malgré une condamnation initiale à six ans de prison.

L’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 prend un tournant des plus frustrants. Claude Guéant, l’ex-secrétaire général de l’Élysée, âgé de 81 ans, est jugé incapable de comparaître, repoussant indéfiniment son procès en appel. Cette situation, révélée par une expertise médicale lue ce mardi 17 mars, relance les spéculations sur la capacité de la justice à traiter ce dossier épineux.

Condamné en première instance à six ans de prison pour des délits graves tels que la corruption, le trafic d’influence et l’association de malfaiteurs, M. Guéant avait déjà bénéficié d’une clémence inattendue. Contrairement à Nicolas Sarkozy, incarcéré à l’automne, Guéant avait échappé à la prison en invoquant des problèmes médicaux. Un traitement de faveur qui soulève de sérieuses questions sur l’égalité devant la loi.

Les juges avaient estimé, en première instance, que l’ancien président avait cyniquement laissé ses proches, dont Guéant et Brice Hortefeux, démarcher le pouvoir libyen pour obtenir un financement illégal. Des rencontres occultes avec Abdallah Senoussi, un proche de Mouammar Kadhafi, ont été au cœur des accusations, plongeant le cœur du pouvoir français dans une sombre affaire de financement occulte.

Le calendrier du procès, initialement prévu jusqu’au 3 juin, est désormais en suspens. L’absence de Guéant, dont le témoignage était crucial pour de nombreux aspects de l’affaire, notamment une rencontre secrète en septembre 2005, pourrait compromettre l’avancée de la procédure. Dix autres personnes seront rejugées, dont Brice Hortefeux et Eric Woerth, dont la relaxe avait déjà été contestée par le Parquet national financier. La saga judiciaire continue, semant le doute sur une issue juste et rapide.