
La guerre en mer d’Arabie révèle une vérité amère : l’Occident épuise ses stocks de missiles à une vitesse vertigineuse. Le 3 mars, alors que l’USS Spruance déchaînait une pluie de Tomahawk sur l’Iran, le constat est sans appel : 850 projectiles déjà tirés, surpassant les deux premières guerres du Golfe. Un déploiement colossal, mais surtout un gaspillage financier effarant de trois milliards de dollars pour des tirs coûtant 3,6 millions l’unité.
Le Pentagone, face à une consommation massive, se retrouve dans une situation critique. Les stocks de Tomahawk, estimés à 3 000-3 200 avant le conflit, fondent comme neige au soleil. Avec seulement 190 missiles prévus pour 2026, la reconstitution de l’arsenal relève du défi, laissant Washington vulnérable sur d’autres fronts.
La situation n’est guère meilleure pour Israël. Le Payne Institute for Public Policy révèle qu’en seulement seize jours, Tsahal a pulvérisé 81,3% de ses réserves de missiles Arrow 2 ou 3. Les intercepteurs THAAD et le système « Fronde de David » connaissent un sort similaire, avec respectivement 45,8% et 54% des stocks consommés. Une limitation d’utilisation est déjà évoquée, signe d’une pénurie imminente.
Les pays du Golfe, à l’exception de l’Arabie saoudite, ne sont pas épargnés. Le Qatar, les Émirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn ont dilapidé 1285 missiles Patriot (PAC3) en seize jours. À ce rythme effréné, leurs 4 000 projectiles seront épuisés d’ici fin avril. La France, bien que non belligérante directe, participe à la défense d’Abou Dhabi. Les Rafale ont tiré 87 missiles MICA, coûtant chacun jusqu’à 800 000 euros, pour abattre des drones iraniens, qui eux en valent moins de 50 000. Une asymétrie des coûts qui interroge la stratégie d’approvisionnement et la pérennité de la défense.






