
L’économie mondiale traverse une période de tensions extrêmes, menacée par une succession de chocs qui sapent toute perspective de stabilité. Après avoir déjà subi les affres des restrictions commerciales et une incertitude grandissante, le déclenchement du conflit au Moyen-Orient vient porter un coup fatal à la croissance et aux efforts de désinflation. Les conséquences sont dévastatrices : une croissance mondiale en chute libre, des prévisions revues à la baisse et une inflation qui s’emballe, particulièrement dans les pays émergents et en développement.
Les analystes peinent à masquer leur pessimisme, évoquant des risques de dégradation omniprésents. Une prolongation ou une extension de la guerre, l’aggravation de la fragmentation géopolitique, ou même une déception face à la productivité de l’intelligence artificielle, pourraient précipiter les marchés financiers dans le chaos et anéantir la croissance. La dette publique atteint des niveaux insoutenables, érodant la crédibilité des institutions et laissant entrevoir un futur sombre.
L’OCDE, elle aussi, sonne l’alarme, anticipant un ralentissement drastique de la croissance mondiale, passant de 3,3 % en 2025 à un misérable 2,9 % en 2026. Si aucun accord de paix n’est trouvé cette année, de nombreux pays pourraient basculer dans la récession. Le resserrement des politiques monétaires par les banques centrales, en réponse à une inflation persistante, ne fait qu’aggraver la situation, rendant l’accès au crédit plus difficile et freinant les investissements.
Ce tableau apocalyptique est accentué par des erreurs de prévision économiques répétées. Les modèles actuels se sont avérés incapables d’anticiper les crises majeures, de 2008 à l’inflation de 2022, mettant en lumière des failles profondes dans notre compréhension des dynamiques économiques. La résilience apparente de l’économie mondiale ne masque qu’une fragilité structurelle croissante, insuffisante pour réduire la pauvreté et créer des emplois essentiels. La décennie actuelle s’annonce comme la plus morose depuis les années 1960, avec un quart des économies en développement et plus d’un tiers des pays à faible revenu qui seront plus pauvres qu’il y a cinq ans.






