
Face à une augmentation des noyades en France, le gouvernement opte pour une répression accrue. Désormais, se baigner en zone interdite coûtera 68 euros, une hausse de près de 80% par rapport à l’ancienne amende de 38 euros. Cette mesure, effective depuis un décret publié au Journal officiel, vise à endiguer les « baignades sauvages » toujours plus nombreuses, particulièrement lors des épisodes de fortes chaleurs qui ponctuent nos étés.
Le ministère de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation justifie cette sévérité par une « logique de dissuasion et d’efficacité accrues ». Une punition immédiate, via procès-verbal électronique, pour tenter de décourager des comportements jugés irréfléchis. Au-delà des risques évidents pour les individus, comme les courants violents, les fonds envasés ou la circulation fluviale, cette interdiction prétend également protéger les opérations de secours, souvent mises en péril par ces imprudences.
Le bilan des noyades est pourtant alarmant. L’été 2025 a été particulièrement sombre, avec 409 décès recensés en France, soit une augmentation de 16 % par rapport à l’année précédente. Parmi les victimes, 57 enfants et adolescents ont perdu la vie, des chiffres qui devraient interpeller sur la réelle efficacité des politiques de prévention.
Plutôt que d’investir massivement dans la sensibilisation et la surveillance, l’État préfère la voie de la sanction. Une approche qui risque de frustrer une population déjà éprouvée par les températures extrêmes, cherchant désespérément un rafraîchissement, même au péril de leur porte-monnaie. Une solution de facilité qui ne s’attaque pas aux causes profondes des noyades.






