Brussels-European-Parliament-investigation
Le groupe européen de Sarah Knafo, ESN, est visé par une enquête pour propos racistes, menaçant 2 millions d'euros de subventions et son statut. Une situation explosive à Bruxelles.

Le groupe politique européen ESN, co-fondé par l’AfD allemande et le parti Reconquête de Sarah Knafo et Éric Zemmour, est sous le feu des critiques à Bruxelles. Une enquête sans précédent est lancée par le Parlement européen, menaçant de priver cette alliance d’extrême droite de près de deux millions d’euros de subventions annuelles et de son statut de parti politique européen. Cette décision historique, votée à une écrasante majorité, pointe du doigt des violations flagrantes des valeurs fondamentales de l’UE.

Les propos scandaleux d’Alice Weidel de l’AfD sur les « enfants musulmans harcelant des enfants allemands », et ceux d’Éric Zemmour sur la « refrancisation et rechristianisation », ne sont que la partie émergée de l’iceberg. L’Autorité pour les partis politiques européens (APPF) dénonce une litanie de déclarations islamophobes, homophobes, anti-LGBTQI ou antisémites, émanant également du parti bulgare Vazrazhdane. Des accusations graves qui incluent la justification des SS par un eurodéputé de l’AfD, Maximilian Krah, conduisant même Jordan Bardella à prendre ses distances.

Face à un rapport accablant de 294 pages de l’APPF, qui met en lumière un non-respect des valeurs de l’UE inscrites à l’article 2 du Traité, l’ESN campe sur ses positions, invoquant la « libre expression ». Pourtant, les enjeux sont colossaux : la perte des financements et du titre de parti européen pourrait sérieusement entraver la visibilité et l’influence de ces formations politiques sur la scène européenne. Pour l’AfD, déjà sous surveillance en Allemagne, c’est un coup dur potentiel, tandis que pour Reconquête, cela pourrait ternir l’image de Sarah Knafo à l’approche des présidentielles françaises de 2027.

Malgré l’optimisme des écologistes allemands, qui y voient un « signal fort » contre l’extrémisme, l’issue de cette enquête reste incertaine. L’APPF pourrait prendre près d’un an pour rendre ses conclusions, et le parti incriminé aura la possibilité de contester les accusations. Il est à craindre qu’une éventuelle sanction n’ait qu’un impact limité sur les électeurs, laissant le champ libre à la prolifération de discours haineux sous le couvert de la liberté d’expression.