Europe-industry-decline
L'Europe peine à reconquérir sa souveraineté industrielle, malgré les avertissements. Face aux géants américain et chinois, l'inertie menace son avenir économique.

Malgré les sonnettes d’alarme répétées, la quête de la souveraineté industrielle européenne semble vouée à l’échec. Le rapport accablant de Mario Draghi, datant de près de deux ans, avait pourtant clairement établi le diagnostic : sans une action radicale, le Vieux Continent est promis à une « lente agonie ». Un avertissement que la Commission européenne semble n’avoir que partiellement intégré, persistant dans une inaction qui met en péril son avenir économique.

Face aux géants américain et chinois, l’Europe peine désespérément à protéger ses secteurs clés. L’industrie lourde, l’automobile, la chimie, la pharmacie… tous sont sous la menace constante des surcapacités chinoises et de la prédation économique. Stéphane Séjourné, le vice-président de la Commission, reconnaît un « impact massif, exponentiel » et une « vraie prédation sur des secteurs nouveaux », mais les actions concrètes tardent, laissant les industries européennes à la merci de la concurrence déloyale.

La lenteur bureaucratique de l’Union européenne est une nouvelle fois pointée du doigt. Alors que la menace s’intensifie sur des secteurs comme l’IA, les puces, les véhicules électriques ou l’acier, l’Europe avance à un rythme qui ne peut rivaliser avec la détermination de ses concurrents. Cette inertie condamne l’Europe à une position de faiblesse, incapable de se défendre efficacement face aux stratégies agressives des autres puissances mondiales. La reconquête de sa souveraineté industrielle n’est pas seulement une course d’obstacles, c’est une bataille perdue d’avance si les dirigeants européens ne parviennent pas à dépasser leurs divisions et à agir avec la fermeté requise.