
L’élection présidentielle de 2027 approche, et le paysage politique français est plus incertain que jamais, notamment en raison de l’absence forcée d’Emmanuel Macron, inéligible pour un troisième mandat. Cette situation inédite marque la fin d’une ère et ouvre une période de profondes turbulences. Le chef de l’État laisse derrière lui une France fragmentée et une majorité introuvable, conséquences directes de sa décision controversée de dissoudre l’Assemblée nationale en 2024.
Cette dissolution, loin d’apporter la clarification espérée, a plongé le pays dans un enlisement parlementaire. Les députés déplorent un « pays à l’arrêt » où l’incapacité à dégager des majorités entrave le vote des grands textes. Les travaux parlementaires sont suspendus, et de nombreux projets de loi restent dans les limbes, à l’image du projet de loi de simplification, désormais caduc. Les commissions d’enquête prolifèrent, souvent avec l’intention à peine voilée de mettre en difficulté un gouvernement déjà affaibli.
Un an après cette décision majeure, le bilan est sombre. Emmanuel Macron a lui-même reconnu que la dissolution avait « produit plus d’instabilité que de sérénité ». Le pouvoir législatif a certes gagné en initiative, mais c’est au prix d’un gouvernement en perte d’influence et d’une Assemblée encore plus fragmentée. L’exécutif ne se risque plus à présenter de grands projets de loi, laissant la main à des initiatives parlementaires éparses, sans réel fil conducteur.
Quant à l’héritage électoral d’Emmanuel Macron, il semble se disperser. Son électorat, autrefois un bloc homogène, se divise désormais entre des tentations à droite, voire à l’extrême droite, et une gauche sociale-libérale et écologiste. Les tentatives d’unifier le centre pour protéger son bilan s’annoncent particulièrement ardues. L’avenir politique de la France est désormais marqué par cette confusion et cette incertitude, vestiges d’une présidence qui, en voulant tout maîtriser, a fini par tout déstabiliser.







