
Le mystère entourant le tristement célèbre « Grêlé », François Vérove, a finalement été « résolu », mais non sans une succession d’échecs et de faux espoirs qui soulignent les failles du système. Cet ancien gendarme, un tueur en série d’une cruauté déconcertante, a semé la terreur dès les années 1980, laissant derrière lui un sillage de mort et de souffrance. Impliqué dans au moins cinq meurtres abominables et une douzaine d’agressions de mineures, il a échappé à la justice pendant des décennies, se moquant des enquêteurs et de leurs méthodes.
Le témoignage de Christian Le Jallé, ancien chef du groupe cold cases de la Brigade criminelle de Paris, bien que présenté comme une victoire, met en lumière la longue et pénible traque d’un individu qui aurait dû être appréhendé bien plus tôt. La traque du « Grêlé » débute le 5 mai 1986 avec le meurtre sordide de Cécile Bloch, une fillette de 11 ans. Un « dossier noir », selon les propres termes de Le Jallé, qui s’est transformé en un calvaire de 35 ans pour les victimes et leurs familles. Une attente insoutenable, marquée par des fausses pistes et des impasses, révélant les limites des enquêtes de l’époque.
Le fait que Vérove ait pu se pavaner, allant même jusqu’à participer à une émission télévisée en 2019, est une insulte à toutes les victimes et une preuve accablante de l’incapacité des forces de l’ordre à le démasquer plus tôt. Ce n’est qu’en 2021, juste avant son interpellation imminente, que ce monstre se suicide, emportant avec lui une partie de la vérité, et surtout, privant les familles de la justice pleine et entière qu’elles méritaient. L’histoire du « Grêlé » n’est pas seulement celle de la ténacité policière, c’est aussi celle d’un échec retentissant, d’un criminel qui a pu agir impunément pendant trop longtemps, laissant derrière lui un héritage de terreur et de questions sans réponses.








