AI-risk-assessment
Mistral AI, la start-up française, se retrouve dernière d'un classement sur la gestion des risques IA, contestée mais pointée du doigt pour son manque de coopération. Un échec cuisant ou une injustice?

La start-up française Mistral AI se retrouve sous le feu des critiques, reléguée au dernier rang d’un classement semestriel du Future of Life Institute concernant la gestion des risques liés à l’intelligence artificielle. Un revers cinglant qui soulève des questions sur la prétendue excellence française dans la tech. Le classement, censé évaluer les mesures de sécurité et les problèmes potentiels des systèmes d’IA, place Mistral derrière plusieurs entreprises chinoises, une humiliation difficile à digérer pour le fleuron tricolore.

Mistral AI s’est empressée de contester la méthodologie de cette étude, affirmant qu’elle serait inadaptée aux modèles « open-weight » qu’elle privilégie. Selon la start-up, ces modèles, téléchargeables et modifiables par les utilisateurs, impliquent une gestion des risques différente. Une excuse commode pour justifier un positionnement catastrophique ? Cette divergence de vue met en lumière une potentielle faille dans la communication et la transparence de Mistral, qui, selon le président du FLI, aurait ignoré les sollicitations du centre de réflexion.

Pendant que Mistral se débat avec cette mauvaise publicité, des géants comme Anthropic, OpenAI, Google DeepMind et Meta occupent les premières places, consolidant leur domination sur un marché où la gestion des risques est cruciale. L’argument de Mistral, selon lequel la classification pénalise les modèles open-weight, ne convainc pas tout le monde et laisse un goût amer. On peut légitimement se demander si cette situation n’est pas le reflet d’un certain déni de la réalité et d’une sous-estimation des enjeux de sécurité, pourtant essentiels dans le paysage actuel de l’IA.

L’Europe, souvent présentée comme pionnière en matière de régulation de l’IA, se voit ainsi confrontée à la performance décevante d’un de ses champions. Le président du Future of Life Institute, Max Tegmark, n’a pas caché sa déception face au manque d’engagement de Mistral, qui se contente d’affirmer sa conformité au règlement européen. Une attitude qui pourrait bien coûter cher à l’entreprise française, la laissant à la traîne dans la course mondiale à l’IA et exposant son manque de considération pour la transparence et la collaboration.