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Le combat des piangüeras en Colombie, ces pêcheuses de coques, est menacé par la surexploitation et la destruction alarmante des mangroves, cruciales pour leur survie.

Dans les mangroves de la côte Pacifique colombienne, des milliers de femmes, les piangüeras, mènent une lutte épuisante et quasi désespérée pour leur survie. Leur existence est intrinsèquement liée à la récolte de la piangüa negra, un coquillage qui se niche dans les racines complexes des palétuviers. Cependant, ce mode de vie ancestral est gravement menacé par une surexploitation alarmante et la destruction progressive de ces écosystèmes vitaux.

Chaque jour, ces femmes bravent des conditions extrêmes, dictées par les marées et un soleil implacable. Elles s’enfoncent dans la mangrove, souvent des heures durant, pour extraire le précieux mollusque qui nourrit quelque 11 300 familles dans le pays. La piangüa est bien plus qu’une simple ressource ; c’est le « l’or noir » de ces communautés afro-colombiennes, une source de subsistance et un pilier culturel transmis de génération en génération.

Pourtant, l’avenir s’annonce sombre. La Colombie a déjà perdu près de 14 % de ses mangroves en quatre décennies, soit près de 50 000 hectares dévastés. Cette déforestation massive, couplée à l’exploitation minière illégale, la pollution et les impacts dévastateurs du changement climatique, met en péril non seulement la piangüa, mais aussi l’intégralité d’un écosystème crucial pour la biodiversité mondiale.

Les efforts de conservation, comme ceux de l’association Raíces Piangüeras, tentent de restaurer ces habitats dégradés et de promouvoir une récolte plus durable. Mais face à l’ampleur des menaces – notamment l’extraction illégale utilisant du pétrole qui empoisonne les écosystèmes, et la demande commerciale croissante qui favorise la surpêche – ces initiatives semblent insuffisantes. Le temps presse pour ces femmes et leurs mangroves, dont la disparition signifierait un désastre écologique et humain irréversible.