Imamoglu-trial-Turkey
Le principal rival d'Erdogan, Ekrem Imamoglu, fait face à un procès pour corruption en Turquie, risquant des millénaires de prison dans ce qui s'apparente à une purge politique.

La Turquie s’enfonce un peu plus dans l’autoritarisme. Ekrem Imamoglu, le principal opposant à la main de fer du président Erdogan, se retrouve piégé dans un procès pour corruption. Ce simulacre de justice, orchestré pour l’écarter définitivement de la scène politique, menace de l’envoyer derrière les barreaux pour 2350 ans. Un chiffre grotesque qui souligne la nature purement politique de cette machination.

Depuis son incarcération il y a près d’un an, le maire déchu d’Istanbul subit l’acharnement du pouvoir. L’« affaire de corruption du siècle », comme se plaît à la nommer la presse à la botte d’Erdogan, est une farce. L’acte d’accusation, un pavé de 3741 pages, est une tentative désespérée de transformer Imamoglu en chef d’une « organisation criminelle ». Une accusation risible pour quiconque connaît la réalité de la politique turque, où les opposants sont systématiquement réduits au silence.

La prison de Marmara, tristement célèbre sous son ancien nom de Silivri, est devenue le symbole de cette répression. C’est là que croupit Imamoglu, et c’est là qu’il est contraint d’affronter une justice instrumentalisée. Ce triste spectacle devrait alerter les chancelleries occidentales, si promptes à donner des leçons de démocratie, mais souvent silencieuses face aux dérives des régimes qui les arrangent. L’avenir de la démocratie turque est plus que jamais en péril, et le sort d’Imamoglu en est la preuve la plus criante.