Saint-Denis-Pierrefitte-mayor
L'installation du maire LFI Bally Bagayoko à Saint-Denis-Pierrefitte a été marquée par le chaos, les huées et des accusations de racisme, révélant des tensions politiques profondes et une ville divisée.

La ville de Saint-Denis-Pierrefitte, désormais sous la houlette de Bally Bagayoko (LFI), a connu une installation houleuse. Ce qui s’annonçait comme un simple transfert de pouvoir a rapidement dégénéré en un spectacle de huées et d’accusations, révélant les profondes divisions qui minent la vie politique locale.

L’arrivée de Bally Bagayoko, acclamé par ses partisans mais hué par l’opposition, marque la fin d’une ère socialiste. Le ton a été donné d’emblée : le nouveau maire n’hésitera pas à s’opposer à toute « bordélisation » de la gestion communale, un avertissement clair aux détracteurs de La France insoumise. Cette fusion controversée de Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine donne à LFI la plus grande ville de France sous sa coupe, un symbole potentiellement lourd de conséquences pour l’avenir de la métropole.

L’ancien maire, Mathieu Hanotin (PS), défait avec un score de 32,7%, n’a pas manqué de dénoncer les attaques racistes ignobles visant son successeur. Une polémique absurde sur des propos déformés, transformant « ville des rois » en « ville des Noirs », a gangrené la campagne. Ces incidents illustrent une polarisation dangereuse et une incapacité au débat serein, où l’extrême droite est directement pointée du doigt pour sa vision déformée de la réalité.

Le discours de Hanotin, malgré ses tentatives de reconnaissance des erreurs passées – notamment une « sous-estimation du besoin de proximité » – a été noyé sous les sifflets et les insultes. Les militants de LFI, arborant des slogans provocateurs, ont savouré leur victoire avec une joie vindicative. L’intervention d’Elsa Marcel, élue de Révolution permanente, exprimant sa « très heureuse défaite » de Hanotin et appelant à rendre hommage aux victimes de violences policières plutôt qu’à un militant d’extrême droite, a encore amplifié le climat de tension et de discorde. C’est dans ce contexte de discorde généralisée que Bally Bagayoko a prêté serment, le poing levé, entonnant la Marseillaise, un geste qui, pour certains, symbolise une prise de pouvoir plus idéologique que rassembleuse. La promesse d’unité du nouvel édile semble bien fragile face à tant de rancœurs et de divisions.