
Présenté en grande pompe, le futur MI20 destiné au RER B, surnommé « train haute couture », a fait ses premiers tours de roue. Annoncé pour une mise en service « dans moins de trois ans », ce nouveau matériel, fruit des efforts conjoints d’Alstom et CAF, est censé remplacer les rames quinquagénaires de la ligne la plus « sinistrée » d’Île-de-France. Malgré les promesses de Valérie Pécresse d’en faire la « meilleure ligne », les usagers, eux, restent sceptiques face à l’historique désastreux du projet.
Le projet industriel a en effet été marqué par une succession de déboires, batailles de gouvernance et ratés industriels, entraînant un lourd retard. Initialement prévu pour fin 2024 ou 2025, la mise en service est désormais repoussée, avec un objectif personnel pour Valérie Pécresse de « décembre 2028 ». Un délai qui semble interminable pour les millions de passagers quotidiens, déjà habitués aux retards et annulations.
La présidente d’Île-de-France Mobilités mise désormais sur l’État pour « raccourcir les délais d’homologation », un aveu implicite des complexités administratives insurmontables qui pèsent sur le projet. Le fait que ce véhicule, entre métro et train, doive satisfaire deux certifications différentes (RATP et SNCF) est un exemple flagrant de l’inertie bureaucratique française. Pendant ce temps, les usagers continueront de subir une ligne saturée et défaillante. La démonstration symbolique de Valérie Pécresse pilotant le train sur quelques mètres, s’exclamant « il roule ! », sonne creux face à l’ampleur des problèmes structurels. Ce train, présenté comme une révolution, risque fort de n’être qu’un pansement sur une jambe de bois, ne résolvant en rien les maux profonds du RER B.






