
Face à la terrible montée des crises suicidaires chez les jeunes, la fondation FondaMental lance une nouvelle application mobile, BAE (Before Anyone Else). Cette initiative, bien que présentée comme une bouée de sauvetage, ne fait que souligner la faillite alarmante de notre système de soutien psychologique. Proposant des fonctionnalités comme des playlists réconfortantes ou des exercices de respiration, l’application semble dérisoire face à l’ampleur du désarroi.
Le tableau national est particulièrement sombre. Entre 2019 et 2024, les hospitalisations pour tentative de suicide ont bondi de 16 %. Pire encore, chez les adolescentes, la situation est carrément catastrophique : une augmentation de 118 % pour les 10-14 ans et de 76 % pour les 20-24 ans. Ces chiffres, révélés par la Fédération Hospitalière de France, pointent du doigt une détérioration continue de la santé mentale depuis le premier confinement, sans que des solutions structurelles efficaces ne soient mises en place.
Les causes de cette crise sont multiples et bien connues : isolement social, pression des réseaux sociaux, absence de repères. L’application BAE, avec ses outils numériques, ne s’attaque qu’aux symptômes, laissant intactes les racines profondes du problème. Est-ce vraiment un outil suffisant pour contrer une vague de désespoir aussi profonde ? Pour de nombreux critiques, l’approche est trop superficielle, offrant une solution technologique à un problème humain complexe et déchirant, qui exigerait un tout autre niveau d’engagement et de ressources. Cette application, loin d’être une solution miracle, expose plutôt l’impuissance et le manque de véritables réponses des autorités et des institutions face à une crise de santé mentale qui s’aggrave inexorablement.






