
C’est un véritable camouflet pour le fisc espagnol. La justice a infligé une défaite retentissante à l’administration, l’obligeant à rembourser plus de 55 millions d’euros à la superstar mondiale Shakira. Une décision qui annule des années de redressements et d’amendes jugés exorbitants, et qui met en lumière les pratiques parfois abusives des autorités fiscales.
Le tribunal de l’Audience nationale, loin de se plier aux exigences de l’administration, a ordonné la restitution immédiate des sommes indûment perçues, augmentées des intérêts légaux. L’affaire concernait l’année fiscale 2011, où le fisc s’obstinait à considérer l’artiste comme résidente fiscale espagnole, malgré un mode de vie itinérant dicté par sa carrière internationale. Cette somme colossale comprend l’impôt sur le revenu, des amendes pour infraction « très grave », l’impôt sur le patrimoine, et les pénalités associées.
La justification de la justice est sans appel : « L’administration n’a pas démontré que la plaignante avait séjourné en Espagne (…) pendant plus de 183 jours ». Cette incapacité à prouver la résidence fiscale soulève de sérieuses questions sur la rigueur des enquêtes menées. L’affaire révèle également la persécution dont Shakira a été victime, confrontée à de multiples procédures fiscales qui ont empoisonné sa vie pendant des années, et ce, alors même qu’elle n’avait pas encore établi sa résidence pérenne à Barcelone.
Malgré un accord de dernière minute en 2023 pour éviter un procès potentiellement scandaleux sur sa vie privée, cette nouvelle décision confirme la fragilité des accusations portées par le Trésor public. L’acharnement du fisc, qui avait même inspiré une série télévisée sur la traque d’une star pour fraude, se retourne aujourd’hui contre lui. Un épisode qui risque de laisser des traces et d’entamer la crédibilité de l’administration fiscale espagnole face aux contribuables internationaux.






