
Alors que le ministère de l’Éducation nationale persiste à présenter Affelnet-Lycée comme un outil de simplification, la réalité sur le terrain est tout autre. Ce dispositif, censé guider les collégiens vers leur futur lycée, se révèle d’une complexité déconcertante et ne cesse d’évoluer, notamment à Paris où le rectorat modifie fréquemment ses règles. L’objectif affiché, renforcer la mixité sociale, semble pourtant toujours hors de portée, malgré l’introduction de secteurs de proximité et l’intégration des lycées privés dans la procédure.
Les ajustements successifs, tels que le bonus lié à l’indice de position sociale (IPS) destiné à favoriser les élèves des collèges les plus défavorisés, peinent à produire les effets escomptés. Pire encore, certaines contraintes imposées, comme l’obligation de formuler les lycées privés ou les établissements publics d’excellence (Louis Le Grand, Henri-IV) en premier vœu, ajoutent une couche de difficulté pour les familles, transformant un processus déjà opaque en véritable parcours du combattant. L’IPS lui-même, basé sur les professions des parents et non leurs revenus, soulève des interrogations quant à sa pertinence réelle pour mesurer la favorisation sociale.
La différence fondamentale entre lycées publics et privés, où ces derniers peuvent écarter les élèves perturbateurs, creuse un fossé béant et accentue les inégalités. Cette capacité à filtrer les élèves permet aux établissements privés de maintenir un environnement plus propice aux études, et ce, au détriment de la véritable mixité sociale tant recherchée. En fin de compte, malgré les tentatives de réforme, la hiérarchie sociale des lycées franciliens demeure un problème persistant, et les dispositifs mis en place ne semblent pas en mesure de corriger ces déséquilibres profonds, laissant de nombreux élèves dans une situation de désavantage.






