
Le Parti socialiste, loin d’apaiser les tensions estivales, plonge dans une nouvelle controverse qui risque de compromettre l’intégrité de sa primaire. La décision d’exiger 15 euros pour la participation au vote d’octobre a déclenché une vague d’indignation, soulevant de sérieuses questions sur l’accessibilité et la légitimité du processus. Exit l’engagement populaire, place à un coûteux barrage financier.
Ségolène Royal, figure emblématique du parti, s’est immédiatement insurgée contre ce tarif, le jugeant « trop cher ». Elle dénonce un bond incompréhensible par rapport aux 2 euros de la précédente primaire de 2016, alors même que le pouvoir d’achat des Français s’effrite. Pour elle, cette somme n’est pas une simple contribution symbolique mais un véritable obstacle financier qui menace d’anéantir l’idée même d’une primaire démocratique. L’ancienne ministre estime que le montant ne devrait pas excéder 5 euros, un plafond bien loin des exigences actuelles.
Ce débat houleux, tranché fin juillet, a révélé les profondes divisions internes au PS. Olivier Faure, premier secrétaire et potentiel candidat, avait initialement plaidé pour un modeste ticket à deux euros, espérant un large engouement citoyen. C’était sans compter sur une opposition interne, désormais majoritaire, obnubilée par la peur d’une supposée ingérence de La France Insoumise. La solution ? Un compromis bancal : pas d’adhésion obligatoire, mais un prix exorbitant, sorte de péage destiné à décourager les sympathisants extérieurs.
En plus de ce coût dissuasif, les conditions de candidature sont draconiennes : obtenir le soutien de 15 membres du conseil national, 10 parlementaires, ou encore 50 maires. Autant d’obstacles qui rendent l’accès à la primaire de plus en plus élitiste. Alors que le PS tente de se refaire une santé, cette primaire à 15 euros pourrait bien se transformer en un désastre démocratique, entérinant l’idée que le parti est déconnecté des réalités des citoyens qu’il prétend représenter. Le fiasco est-il déjà acté ?







