
Alors que la présidentielle de 2027 se profile, une anxiété palpable ronge les rangs de la droite et du centre. L’ombre de l’élection de 2017 plane, rappelant la victoire inattendue d’Emmanuel Macron, perçue aujourd’hui comme un échec pour les partis traditionnels. L’appel des 90, lancé par des figures influentes du « socle commun », révèle une peur panique : celle de voir un nouveau duel entre les extrêmes, Jean-Luc Mélenchon et l’un des leaders du Rassemblement National, Marine Le Pen ou Jordan Bardella. Un scénario catastrophe qui semble se dessiner inéluctablement.
Les appels à une candidature unique se multiplient, de Gérald Darmanin à Gérard Larcher, mais cette quête d’union ressemble plus à une fuite en avant qu’à une stratégie solide. L’histoire politique française est jonchée des échecs des unions forcées, où les ambitions personnelles et les divergences idéologiques finissent toujours par l’emporter. Le mirage d’un « centre » capable de concilier des visions opposées est un piège récurrent, un point d’équilibre trop étroit pour résister aux tempêtes électorales.
L’idée que seul un projet novateur et audacieux pourrait recréer un espace politique crédible face aux extrêmes est balayée par la réalité des faits. Les programmes tardent à émerger, noyés sous un déluge de prétendants plus préoccupés par leur positionnement que par les attentes réelles des Français. L’échec des primaires passées, souvent sources de divisions plus profondes, plane également. En l’absence d’une vision forte et unificatrice, le « socle commun » risque de s’effriter, laissant le champ libre aux populistes.
La droite et le centre semblent condamnés à revivre leurs erreurs passées, incapables de tirer les leçons de l’histoire. La focalisation sur une candidature unique, sans fondement programmatique solide, est une recette pour la défaite. Le souvenir de 2017, loin d’être un guide, pourrait bien se transformer en malédiction, scellant le destin d’un paysage politique français toujours plus fragmenté et incertain. La perspective d’un second tour fatal pour les partis traditionnels n’a jamais été aussi réelle, prouvant une incapacité chronique à se renouveler.







