
Un nouveau rapport de Médecins sans frontières (MSF) révèle une réalité glaçante : les violences sexuelles sont délibérément utilisées comme arme de guerre au Darfour. Les Forces de soutien rapide (FSR) et leurs milices alliées multiplient ces actes abjects pour humilier et terroriser la population soudanaise. Alors que le conflit fait rage depuis près de trois ans, la situation humanitaire est catastrophique, avec des dizaines de milliers de morts et environ 11 millions de déplacés, marquant la pire crise humanitaire mondiale.
Les violences sexuelles sont malheureusement devenues une sinistre « marque de fabrique du conflit », s’inscrivant dans des punitions collectives souvent motivées par des fractures ethniques. MSF dénonce ces tactiques délibérées visant à briser les individus. Ce triste constat n’est pas nouveau ; la région avait déjà été le théâtre de violences sexuelles massives lors du précédent conflit, avec les milices janjawids, dont sont issues les FSR.
Entre janvier 2024 et novembre 2025, près de 3 400 survivants, majoritairement des femmes et des filles, ont cherché de l’aide auprès de MSF. Ce chiffre, déjà effroyable, ne représente qu’une fraction de la réalité. Les combattants des FSR et leurs alliés emploient les violences sexuelles comme un moyen systématique de contrôle, violant ouvertement le droit international humanitaire. Des témoignages poignants rapportent des agressions lors de l’assaut du camp de déplacés de Zamzam et après la prise d’El-Fasher, où des actes de génocide ont été signalés.
Les survivantes racontent une terreur quotidienne, que ce soit sur les routes, dans les champs ou dans les camps de déplacés. « Cette guerre se fait sur le dos et le corps des femmes et des filles », déplore Ruth Kauffman de MSF, soulignant l’ignominie d’un conflit qui dégrade l’humanité de la manière la plus brutale.






