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Atos, déjà en difficulté financière, est désormais sous le feu de la justice. Enquêtes pour corruption et abus de bien social s'ajoutent aux accusations de diffusion d'informations trompeuses, plongeant le géant tech dans une crise sans précédent.

Le géant technologique français Atos, déjà exsangue financièrement et contraint à une restructuration de dette en 2024, se retrouve désormais plongé dans une spirale judiciaire infernale. Ce qui n’était qu’une enquête préliminaire pour corruption privée ouverte il y a deux ans vient de s’étendre à de potentiels abus de bien social, une escalade confirmée par le Parquet national financier (PNF) le 23 mars. Comme si cela ne suffisait pas, une seconde enquête pénale a été lancée, cette fois pour diffusion d’informations trompeuses, en collaboration avec l’Autorité des marchés financiers.

Ces coups de massue judiciaires font suite à des plaintes déposées par un actionnaire minoritaire pugnace, le fonds d’investissement Alix AM. Ce même acteur avait déjà déclenché la première procédure pour corruption en septembre 2023. Les accusations sont lourdes : un mécanisme de rétribution exceptionnelle aurait été mis en place pour deux dirigeants d’Atos, lié à un projet de scission et de vente partielle au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, un plan jugé excessivement favorable à ce dernier.

Ce plan controversé, ardemment défendu par l’ancien président Bertrand Meunier, avait suscité une vague d’indignation tant chez les actionnaires que parmi les responsables politiques. Un scandale qui s’était soldé par l’abandon pur et simple du projet, quelques mois seulement après le départ de Meunier. Atos, déjà au bord du gouffre économique, voit son image et sa crédibilité s’effondrer sous le poids de ces révélations accablantes. L’avenir s’annonce sombre pour les 63 000 employés du groupe.